Daphné SaïCEO of my freedom

Amazon FBA : mon avis après quatre ans, chiffres à l'appui

Daphné Saï9 min de lecture

« Est-ce que ça marche vraiment, ou c'est encore un truc de vendeur de formation ? » C'est la question qu'on me pose le plus après celle du budget. Et elle est légitime : la moitié de ce qui circule sur Amazon FBA est écrit par des gens qui n'ont jamais expédié un carton.

Je vends sur Amazon depuis juillet 2022. Voici mon avis, sans suspense : le modèle fonctionne, il devient largement passif une fois construit, et je le déconseille quand même à une bonne partie des gens qui m'écrivent. Je détaille les trois.

Mes chiffres, sans filtre

Commençons par ce qui compte, parce qu'un avis sans chiffres ne vaut rien.

  • 2 200 € de capital de départ en juillet 2022, pendant que j'étais salariée en finance.
  • 189 049 € de ventes en 2025, pour 7 929 unités commandées.
  • Un mois ordinaire à 16 050 € de ventes sur 30 jours, entre fin février et fin mars 2025.
  • Une marge nette entre 23 et 35 % selon la saison.
  • Douze mois entre mon premier produit et ma démission.
Tableau de bord Amazon Seller Central affichant 189 049 € de ventes sur l'année 2025 pour la marque Amazon FBA de Daphné Saï
Mon tableau de bord Amazon sur 2025 : 189 049 € de ventes, 7 929 unités commandées.

Ces chiffres se recoupent, et je préfère que tu le vérifies plutôt que de me croire : un mois à 16 050 € rapporté à l'année, ça donne un peu plus de 190 000 €. C'est exactement l'ordre de grandeur de mon année 2025. Il n'y a pas de mois miracle caché derrière la moyenne.

Publication de Daphné Saï du 27 mars 2025 montrant son tableau de bord Amazon Seller Central : 16 050 € de ventes sur les 30 derniers jours
Ma publication du 27 mars 2025 : 16 050 € de ventes sur les 30 jours précédents, et 96 % de plus qu'un an plus tôt.

Et oui, j'écrivais « revenu passif » en mars 2025. Je le pense toujours, avec la nuance que je détaille plus bas : ça l'est une fois la machine construite, ça ne l'est pas du tout pendant qu'on la construit.

Maintenant, la partie que les captures d'écran ne montrent jamais. Ce chiffre d'affaires n'est pas mon revenu. Entre les deux, il y a le coût de fabrication, le transport, les droits de douane, la commission Amazon, les frais FBA, le stockage, la publicité, la TVA et mes charges. Applique ma fourchette de marge à mon chiffre d'affaires et tu obtiendras une estimation honnête. Fais le calcul toi-même, ce sera plus utile que n'importe quel chiffre que je mettrais en gras.

Une capture à six chiffres ne dit rien. La seule question qui compte, c'est ce qui reste après Amazon, le fisc et le fournisseur.

Ce que j'aime vraiment dans ce modèle

Tu n'as pas à créer la demande

C'est la différence majeure avec une boutique indépendante. Sur Shopify, tu paies pour amener chaque visiteur. Sur Amazon, les acheteurs sont déjà là, carte enregistrée, prêts à commander en deux clics. Ton travail n'est pas de convaincre quelqu'un d'acheter, il est d'être le meilleur choix sur une demande qui existe déjà.

Ça change tout quand on démarre avec quelques milliers d'euros. Tu n'as pas besoin d'un budget d'acquisition pour exister.

La logistique n'est pas ton problème

FBA veut dire Fulfilled by Amazon. Tu envoies ton stock dans leurs entrepôts, et ils stockent, emballent, expédient, gèrent les retours et répondent aux clients. Au début, je réceptionnais et j'étiquetais les cartons moi-même, le soir, chez moi. Aujourd'hui un préparateur FBA s'en charge, et je ne touche plus un colis.

C'est aussi ce qui rend le modèle compatible avec un emploi. Aucun colis à déposer sur ta pause déjeuner, aucun client à rappeler à 14h.

Une fois lancé, ça tourne en grande partie sans toi

C'est la partie que je revendique, et je sais qu'elle fait grincer des dents : oui, c'est en grande partie un revenu passif, une fois que la machine est construite. Les commandes tombent la nuit, le week-end, pendant tes vacances. Personne ne t'attend au téléphone et rien ne s'arrête si tu prends trois jours.

Concrètement, une fois le produit installé, une à deux heures par semaine suffisent pour tenir la barre : tu regardes tes chiffres, tu ajustes tes campagnes, tu anticipes ton réassort. C'est le rythme que j'ai aujourd'hui, et c'est ce qui rend ce modèle différent d'un travail indépendant classique, où tu recommences à zéro chaque lundi.

Ça se construit à côté d'un salaire

J'ai tout lancé le soir et le week-end, en gardant mon poste. Compte 5 à 8 heures par semaine, pas 2 et pas 30. C'est ce qui m'a permis de refuser un mauvais fournisseur et d'attendre le bon échantillon, parce que je n'avais pas besoin de cet argent le mois suivant. Le détail est dans mon article sur le lancement en gardant son CDI.

Tu construis un actif, pas un job

C'est le point que je sous-estimais au départ. Une marque déposée, des fiches produits qui se positionnent, des avis clients accumulés, un historique de ventes : tout ça a une valeur qui reste, et qui se vend. Un side business de prestation s'arrête le jour où tu arrêtes. Une marque, non.

Les quatre choses que je n'aime pas

Un avis qui ne liste que des avantages est une publicité. Voici ce qui m'agace vraiment, après quatre ans.

1. Le démarrage, lui, n'a rien de passif

Si le régime de croisière est confortable, la construction ne l'est pas du tout. Mes trois premiers mois n'ont rien produit de visible : analyse de marché, calculs de marge, contacts fournisseurs, échantillons qui mettent des semaines à arriver. Zéro euro encaissé, et beaucoup de soirées dessus. Il y a du réassort à anticiper, des campagnes à ajuster, des ruptures à éviter, des concurrents qui cassent les prix, des fournisseurs qui changent leurs conditions.

C'est là que la promesse de revenu passif devient malhonnête : elle est vraie à l'arrivée, elle est fausse au départ. Ceux qui abandonnent le font presque toujours dans cette fenêtre, parce qu'on leur a vendu l'arrivée sans jamais leur parler du chemin.

2. Tu es locataire de ta boutique

Amazon fixe les règles, les frais et les conditions de suspension. Un compte peut être bloqué le temps d'une vérification, une fiche peut être désactivée pour un motif obscur, une catégorie peut demander de nouvelles autorisations du jour au lendemain.

C'est le vrai risque du modèle, et il n'est pas financier. On l'atténue en déposant sa marque, en tenant ses documents en ordre et en ne mettant pas tous ses produits sur une seule référence. On ne le supprime pas.

3. La trésorerie te serre en permanence

Personne n'en parle et c'est pourtant ce qui tue le plus de marques qui marchent. Une marque qui grossit consomme du cash : il faut racheter le stock suivant avant d'avoir encaissé le précédent, et Amazon te reverse tes ventes par cycles, après avoir prélevé ses frais.

Historique des virements Amazon reçus mois après mois par la marque Amazon FBA de Daphné Saï
Les virements Amazon, mois après mois. L'argent arrive vraiment, mais jamais au moment où tu dois payer ton fournisseur.

Tu peux être rentable sur le papier et à court d'argent le même mois. C'est la sensation la plus désagréable du métier, et elle ne disparaît pas quand le chiffre d'affaires monte : elle s'amplifie.

4. Les frais montent, la concurrence aussi

Les commissions, les frais de traitement et le coût de la publicité n'ont pas baissé depuis 2022. Les marges qu'on trouvait sur des produits simples se sont resserrées, et il y a plus de vendeurs sérieux qu'avant. Un produit qui tenait tout juste il y a trois ans ne tient plus aujourd'hui.

Alors, est-ce que c'est encore rentable en 2026 ?

Oui. Mais plus du tout de la même façon qu'en 2018.

Ce qui est mort : acheter n'importe quoi en gros, le remettre en ligne sans rien changer, et laisser la plateforme faire le reste. Ce créneau est saturé et les marges y sont inexistantes.

Ce qui fonctionne toujours, et c'est ce que je fais : prendre un produit qui se vend déjà, identifier ce que les acheteurs lui reprochent, et sortir une version qui corrige ce défaut. Les avis à 2 et 3 étoiles de tes concurrents sont le meilleur cahier des charges gratuit du marché.

Ça demande plus de travail en amont qu'il y a cinq ans, un vrai budget de départ, et de la patience. En échange, la concurrence sérieuse est bien moins nombreuse que le bruit ne le laisse croire.

À qui je le déconseille franchement

Je préfère perdre un client que faire perdre 2 000 € à quelqu'un. Si tu te reconnais dans une de ces lignes, ce n'est pas le bon moment :

  • Tu n'as pas 1 500 à 2 000 € que tu peux perdre. Pas ton épargne de sécurité, pas un crédit à la consommation. Le détail est dans mon article sur le budget.
  • Tu veux que ce soit passif dès le premier mois. Ça le devient, mais pas avant d'avoir construit la machine, et cette phase-là se travaille.
  • Tu veux un résultat en huit semaines. Entre le sourcing, la production et l'expédition, les délais ne se négocient pas.
  • Tu comptes sur ce revenu pour payer ton loyer le trimestre prochain. Se lancer sous pression, c'est prendre toutes les mauvaises décisions.
  • Tu ne veux parler à personne. Il faut échanger avec des fournisseurs, négocier, relancer. Ce n'est pas un business où on se cache derrière un écran.

En revanche, si tu es salarié, que tu as quelques milliers d'euros de côté et cinq heures par semaine, tu es exactement dans la configuration où j'ai démarré. Et c'est la meilleure qui existe, parce que ton salaire finance tes erreurs.

Mon avis en une phrase

Amazon FBA est un vrai business, pas un raccourci. Il demande du capital, de la méthode et de la patience, il rapporte un actif qui t'appartient, et il ne pardonne ni l'improvisation ni la précipitation.

Quatre ans après, je le referais. Mais je referais surtout la même chose dans le même ordre : commencer en gardant mon salaire, mettre un budget que je pouvais perdre, et ne partir que quand les chiffres le justifiaient. Ce calendrier, je l'ai détaillé mois par mois dans mon article sur la sortie du salariat, et mes captures complètes sont sur ma page à propos.

Questions fréquentes

Amazon FBA est-il une arnaque ?

Non, c'est un service logistique officiel d'Amazon utilisé par des centaines de milliers de vendeurs. Ce qui relève parfois de l'arnaque, ce sont les formations qui promettent des revenus passifs et rapides. Le modèle est réel, les promesses qu'on met autour ne le sont pas toujours.

Combien peut-on gagner avec Amazon FBA ?

Personne ne peut te le dire honnêtement, parce que ça dépend de ta niche, de ton prix et de ton exécution. Ce que je peux te donner, ce sont mes chiffres : 189 049 € de ventes en 2025, avec une marge nette entre 23 et 35 % selon la saison. Ce sont mes résultats, pas une promesse.

Amazon FBA est-il encore rentable en 2026 ?

Oui, mais plus en revendant un produit générique sans rien y changer. Ce qui fonctionne aujourd'hui, c'est de partir d'un produit qui se vend déjà et d'en sortir une version qui corrige ce que les acheteurs reprochent aux existants. Les frais et la concurrence ont augmenté, la place pour un travail sérieux aussi.

Amazon FBA est-il un revenu passif ?

En grande partie oui, une fois la marque construite. Amazon gère le stockage, l'emballage, l'expédition, les retours et le service client, et une à deux heures par semaine suffisent ensuite à piloter : chiffres, campagnes, réassort. En revanche la phase de construction n'a rien de passive, il faut compter plusieurs mois de travail réel avant que la machine tourne seule.

Combien faut-il pour se lancer sur Amazon FBA ?

J'ai lancé ma marque avec environ 2 200 € en juillet 2022 : stock initial, publicité de lancement, échantillons et frais annexes. En dessous de 1 500 à 2 000 €, je conseille d'attendre quelques mois, parce qu'un budget trop serré t'empêche de tester correctement et de réassortir si le produit marche.

Combien de temps avant les premières ventes ?

Chez moi, les trois premiers mois n'ont produit rien de visible : choix de la niche, analyse des concurrents, contacts fournisseurs, échantillons. Le produit était en ligne et vendait entre le troisième et le sixième mois, et il m'a fallu douze mois au total pour quitter mon poste.

Peut-on faire de l'Amazon FBA en étant salarié ?

Oui, et c'est même la meilleure configuration pour démarrer, parce que ton salaire finance ton stock et tes erreurs. Créer une entreprise en étant salarié est légal en France, sous réserve de ton obligation de loyauté envers ton employeur. Je détaille le cadre et le choix du statut dans mon article sur le statut à choisir.

Qui écrit ça ?

Je m'appelle Daphné Saï. J'ai été salariée pendant six ans avant de lancer ma marque sur Amazon FBA en juillet 2022, et d'en sortir douze mois plus tard. Mes chiffres réels sont publiés sur ma page à propos.

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